Sous le sable… la scène

Dans une année d’atelier théâtre, il y a … le spectacle, voire les spectacles (deux me concernant). L’aboutissement, la consécration, l’apothéose, les jeters de roses, les applaudissements, etc, etc…

Et puis il y a la préparation de ce feu d’artifice… et ça, pour les profs de théâtre (en tout cas pour moi, je ne parle qu’en mon nom bien sûr), c’est… comment dire … comment trouver les bons termes ?… euh… Le  grand stress ?  Les petits bouts de crises cardiaques ? Les nuits sans sommeil ? Les post it collés sur le tour de l’ordi, sur notre front, sur le bol du café, sur le pare-brise de la voiture, sur la laisse du chien, et j’en passe…

 

Enfin, en un mot : LE BONHEUR !

Je vous en parle parce que je suis à trois semaines de la première de mes deux cours. 25 personnes sur scène : 4 jours non stop.

Quand on est indépendant comme je le suis, puisque mes ateliers sont dans ma compagnie que je gère également, et bien, quand on est indépendant… on est tout seul !

Vous me direz : « Tant pis, Nath ! T’avais qu’à rentrer plus dans le moule ! T’as voulu faire à ta façon, viens pas te plaindre, maintenant ! ». Et vous auriez raison, personne ne m’a forcée à ne pas accepter les structures rigides dans lesquelles je rue dans les brancards systématiquement.  Alors, je fais tout toute seule.

J’ai donc les multi casquettes : metteur en scène, professeur, graphiste, photographe, relations humaines, relations presse, relations mairie, journaliste, distributrice de flyers, colleuse d’affiches, accessoiriste, costumière, régisseur (se?), secrétaire, ingé son, ingé lumière, psychologue et j’en passe.

J’y pense même quand je dors, même quand je ne dors pas, même quand je pense à autre chose. J’y pense tout le temps.

Et tout ça pourquoi ? Pour rien. Pour du vent. Le 4 juin à 19h ce sera plié, bouclé, terminé.

L’éphémère aura fait son travail. Comme une fumée de cigarette. Plus de trace tangible. Qu’une trace sur le cœur.

Parfois je me dis : Akoibon ? C’est tellement dérisoire. C’est si futile. C’est si court.

Et puis c’est incontrôlable, incontournable,  je recommence. Je recommence chaque année à tricoter de l’éphémère. Va savoir pourquoi ? Un petit caillou blanc dans les souvenirs. Le théâtre, art de l’éphémère et du dérisoire, art de l’instantané, du moment présent. L’art où le chemin est presque plus important que la destination.

En ce moment je construis patiemment mes deux châteaux de cartes. J’y porte le plus grand soin, le soucis du détail, l’exigence de ce qui est voué à la destruction. C’est grandiose, non ? Pathétique presque…

Et pourtant, dans ma vie entière je n’ai construit que des choses dérisoires.

Un petit peu de dérisoire, plus un petit peu d’éphémère et une trace de poussière de ridiculementinutile et la vie se construit.

L’effet de la mer qui s’avance et se retire, laissant des traces sur le sable qui s’efface : L’effet mer…

Je construits sur du sable le plus beau des châteaux. Les châteaux de sable ne restent-ils pas les plus tendres des souvenirs ?

Mon seau est presque rempli, je vais bientôt le retourner, manque une tour ici, un coquillage là, et tout sera parfait. Prêt à être englouti

Bizavous

Nath

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7 réflexions sur “Sous le sable… la scène

  1. Bonjour Nath,
    Mes hommages à la reine de ce château ! 🙂
    Moi qui ne suis guère « plage », je viens d’y passer un agréable moment grâce à toi… à l’instar de l’émotion suscitée par une photo de notre amie canadienne Rachel (Nuage) sur FB, d’ailleurs partagée sur mon journal (l’œuvre de sable où l’on voit un adorable bébé dormant dans des mains géantes….. la fragilité de l’essentiel !).
    Bises, merci de continuer à accrocher de jolies étoiles à nos rêves.
    Catherine

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  2. Bonjour Nath 😉
    C’est sûr Nath, l’organisation de tes spectacles représentent beaucoup de préparation, de travail et de stress. Surtout dans ton cas ou tu cumule toutes ces casquettes. En fait tout repose sur tes épaules… Mais l’apothéose, c’est à n’en pas douter, la fin du spectacle avec tous les applaudissements de tous ceux qui ont apprécié. cela n’a pas de prix, c’est sans doute un bonheur absolu et doit être très émouvant. Bon courage et bonne continuation dans ton petit théatre. Bisous…

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  3. Bonjour Nath,
    L’éphémère est plus beau que le permanent. On y pense pendant très longtemps, améliorant l’image qu’on en a retenu.
    C’est dans ta nature de te battre, pas que contre quelque chose, mais aussi POUR quelque chose. C’est pourquoi tu es suivie par tes mollassons d’un jour, devenus super stars un autre jour, non 4 autres jours.
    Et rien n’est plus beau que l’éphémère qui n’a qu’une seule journée pour trouver l’âme sœur et pouvoir ainsi faire perdurer sa race. (je parle du papillon !)
    Bisous
    Sylvie

    Aimé par 1 personne

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