La gélatinification des vacances

Dans les ateliers théâtre, il y a les vacances où… il n’y a plus d’ateliers théâtre.

La vie normale s’arrête, surtout en juillet et août, et début septembre, comme pour tout le monde, il y a la rentrée.

Fin juin, quand les ateliers se terminent c’est le moment où j’aime tout le monde. On a monté un spectacle ensemble, on a eu peur ensemble, on s’est tenu la main tous sur une scène en face de gens qui nous applaudissaient, après on s’est embrassés, on s’est rappelé les bons moments de l’année, on s’est dit : « On a réussi ! », on s’est dit que ce ne serait plus jamais pareil après,  bref :  inconsolable je suis fin juin.

Ensuite il y a le long tunnel de juillet et août.

En tant que prof qui aime tellement mon boulot, même plus que tout, quoique des fois, mais pas souvent heureusement…, j’ai horreur des vacances quand elles arrivent. C’est horrible, non ? C’est un sentiment difficile à avouer, mais je hais les vacances.

En tout cas fin juin.

Donc  fin juin, je suis très frustrée de ce long arrêt. Pour rester dans le moove,  je commence à lire toutes les pièces qui me passent sous le nez, à noter des idées dans un carnet acheté pour l’année à venir, je me dis que pour la rentrée tout sera prêt, et…

Je ne sais pas si ça vous fait la même chose, mais en vacances, petit à petit, insidieusement, mon cerveau se gélatinifie...(mot inventé mais assez sympa et explicite). Mon cerveau se répand comme une bave d’escargot et toutes les bulles de mes idées éclatent dans la pesanteur de mes engourdissements. Je deviens liquide. Quelques soubresauts me gardent en vie (la lecture d’un texte, une musique, une pièce de théâtre…), mais de plus en plus rarement au fur et à mesure que les vacances prennent possession de moi. Je suis comme ces amibes, ces méduses qui flottent au gré des courants. Transparente et molle.

Aussi, sachant que nous sommes fin août, que bientôt ma compagnie démarre les répétitions de sa prochaine pièce, que je vais préparer la journée des associations, prendre les inscriptions et envisager deux spectacles à venir, mon cerveau liquéfié prend peur. Il est agité de soubresauts, je tente de l’exorciser du mollasson qui l’a envouté.

Et ce n’est pas facile facile. Fin août, j’ai horreur de la rentrée.

Le pied de mon lit regorge à nouveau de livres de théâtre, je les regarde comme des étrangers, les feuillette, les repose, les observe de loin.

Et puis, je sens… petit à petit ça recommence. Je me rappelle. J’imagine…

Les rencontres surtout, les découvertes de nouvelles personnes avec qui je vais partager mon amour du théâtre, les premières répétitions, les premiers cercles avec mes élèves pour leur expliquer, les découvrir, les textes qui vont se révéler, les musiques qui vont s’immiscer, les longues veilles à travailler encore et encore la mise en scène, la conception des affiches, les rendez-vous régisseurs, les stages…

Et voilà ! Ça revient…

Lentement ma méduse prend de l’ossature. Mon Petit Théâtre reprend son manège doucement… Le plaisir revient. Ouff !

C’est fou le mal que ça fait au théâtre les vacances…

Bizavous

Nath

 

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