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Avant on marchait en crabe…

 

crab-1786553__340C’est toujours intéressant de s’interroger sur « comment c’était avant ? ». Alors : comment c’était avant quand on allait au théâtre ?

Les mises en scène folles, les décors en 3D, la vidéo et tout ça, restent très récents.

Le terme de metteur en scène date de la fin du XIXème siècle, début du XXème siècle.

A cette époque, le théâtre s’interprétait de façon très statique et codifié. Les acteurs jouaient en avant scène pour pouvoir être éclairés (d’où le terme les feux de la rampe). Chaque acteur avait un emploi (premier acteur, première actrice, la jeune première, la soubrette, le père noble, le valet, etc…), le jeu était extrêmement codifié (on apprenait au Conservatoire les pauses dans un catalogue des pauses). Chaque emploi avait une pause, une attitude. Les acteurs déclamaient en avant scène, donc, face public sans aucune interaction avec les autres acteurs. (je me rends compte qu’il reste des traces de cette époque dans certains spectacles encore….)

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Sarah Bernard dans Théodora (1882)

Il était interdit de jouer autrement que de face, aussi les acteurs pour entrer et sortir se déplaçaient-ils en crabe. Pour indiquer qu’un acteur entrait sur scène, il tapait du pied dans les coulisses et ensuite venait se placer face public, déclamait son texte et sortait de la même façon. Les comédiens se plaçaient en ligne pour que chacun puisse être bien vu.

Le théâtre avait des vedettes. Ces vedettes portaient de très beaux costumes qui parfois n’avaient pas de rapport avec le personnage qu’elles jouaient,  qui les mettaient juste en valeur. L’acteur vedette, même s’il jouait le rôle d’un valet, était toujours le mieux habillé.

Le théâtre était un pur divertissement commercial (il faut voir que le théâtre était la seule source de distraction sachant que ni le cinéma, ni la télévision, encore moins internet n’existaient). On y sortait pour se montrer. Le spectacle parfois était plus dans la salle que sur la scène. D’ailleurs les acteurs faisaient souvent des clins d’œil vers le public. Le noir dans la salle n’existait pas. C’est Wagner qui a instauré le noir dans la salle, puis Antoine a repris l’idée, créant ainsi le quatrième mur, l’isolation de la scène, le mur invisible qui séparait le noir de la lumière.

Les décors étaient illusionnistes, peints sur des toiles ou en carton-pâte.  Chaque décor servait pour plusieurs pièces. Les dramaturgies étaient stéréotypées.

Et puis Antoine (à partir de 1890), issu du théâtre amateur (héhéhé!) révolutionna tout ça. Sur scène devait se jouer la vie, le comédien devait se déplacer sur toute la scène, le décor devait être réel, de vraies tables, de vraies chaises : il poussa même le naturel jusqu’à mettre de la vraie viande sur scène, des animaux vivants. Il instaura l’idée que chaque spectacle devait être novateur. Pour lui le théâtre devait se composer de :

  • Une troupe (sans hiérarchie chez les acteurs, sans vedettes)
  • Un décor vrai construit en trois dimensions avec des vrais meubles, des vrais assiettes…
  • Des costumes plausibles

Et c’est ainsi que le principe du metteur en scène démarra, alliant le matériel (décor, costumes, éclairage) et l’immatériel (le travail d’adaptation et celui du travail d’acteur, de son rôle dans l’espace).

Voilà, c’est tout pour l’instant ! C’était la petite minute d’histoire du Petit Théâtre de Nath. Tout ça est très résumé, les puristes vont crier au scandale, mais tant pis.

Je sais que certains m’ont dit qu’ils aimaient bien les histoires : comme moi 🙂

Bizavoutous

Nath

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Où sont les acteurs ?

legosJe m’interrogeais l’autre jour sur ce que devient le théâtre. Et oui, il me vient des interrogations parfois qui me font tourner les idées en l’air.

Au début du XXème siècle des metteurs en scène de théâtre (Antoine, Copeau, Jouvet…) s’attristaient de voir que le théâtre joué n’était que du théâtre bourgeois, du théâtre qui devait rapporter, du théâtre de consommation rapide. A cette époque, il y avait pourtant un paramètre différent de celui actuel, c’est que le théâtre était la seule distraction existante (pas de télévision, internet, pas de radio). Lire la suite