La fraicheur des ados

C’est dingue comme dans les cours de théâtre, j’apprends sans doute plus des ados qu’ils n’apprennent de moi.

Moi je leur apprend à monter un spectacle, à le mettre en scène, à jouer ensemble : eux ils m’apprennent les fondements de l’humanité.

Lors d’un stage que j’ai organisé il y a quelques jours pour travailler de façon approfondie sur notre spectacle à venir, j’ai pris le temps de le leur dire.

On ne dit pas assez aux gens qu’on les aime. On oublie ou on remet ça à plus tard…

Je leur ai dit qu’ils avaient une force incroyable, celle de l’enthousiasme. La non remise en question systématique de tout. Je leur ai dit que leur fraîcheur, leur adhésion systématique à tout ce que je leur propose, leur non remise en question quand je leur dis : « Euh… bon, ben, tout ce qu’on a vu la semaine dernière, on va le mettre de côté et on recommence autrement, pour voir  » était d’une incroyable générosité.

Quand je leur dis : « On change tout ! », ils remontent la lèvre inférieure, plissent les yeux de plaisir et hochent la tête et hop là ! Ils sont prêts.

C’est dingue. c’est magique. Toujours partants pour essayer. Je leur ai dit que quand on grandit (vieillit), souvent on a plus peur de changer, souvent on pense trop à l’avenir et on se freine en imaginant les conséquences de chacun de nos actes, on a un peu peur du changement, on préfère parfois ne pas bouger plutôt que de risquer de trébucher. On s’installe dans le confortable.

Je leur ai dit que leur façon de profiter de l’instant présent était un bain de jouvence. Que nous autres, adultes, avons beaucoup de leçons à tirer de ça. Que les politiques devraient avoir des conseillers adolescents parfois pour gouverner, que ça remettrait les choses en place. Que ça ouvrirait des possibles, des impossibles faisables.

Je les remercie de me laisser repartir de mes cours avec moins de poids sur les épaules. Quand j’y vais, je suis légère, je me surprend à sourire dans le vide, mon cœur est tout libre dans ma poitrine.

Ils sont dingues les ados. Ils ne sont pas évidemment que des anges, mais je ne pourrais pas expliquer pourquoi, rien n’est grave quand on fait ensemble du théâtre. Tout est enthousiasmant. Ils sont fragiles et forts à la fois. Ils me font confiance et je leur fais confiance.

Bon… Tout ça pour vous dire qu’on est dans la dernière ligne droite pour le spectacle qui démarre le 1er juin : Une soirée de plus sur terre

Le thème de la pièce que j’ai choisie est : »savoir dire non ». A travers l’histoire d’un jeune garçon qui dit oui à tout pour se faire accepter par un groupe, j’ai voulu qu’ils traitent de l’importance de refuser. Dire non permet justement de relever la tête, d’être respecté un peu plus.  Être trop gentil n’est pas forcément la solution, les méchants ne sont pas que méchants et les gentils peuvent aussi être de petits cons…

Alors vous allez me dire que c’est en contradiction avec ce que je mentionnais au début de cet article : c’est à dire la richesse que les ados ont de dire toujours oui. La pièce parle des oui nocifs, des oui obligés, des oui pour plaire aux autres. De ces oui qui devraient être des non si on osait parler un peu plus fort… Alors oui bien sûr, mais pas à tout !

C’est dingue ce que j’apprends avec les ados…

Bizavous

Nath

 

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L’art des dédicaces

Quand on est écrivaine, publiée on doit faire des signatures. On ouvre à la deuxième page du livre et on jette quelques mots gentils avec notre signature au futur lecteur.

C’est très compliqué malgré ce qu’on pense.

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Jean Jacques

Dans les cours de théâtre il y a deux aspects à travailler un peu rébarbatifs : la voix et le regard.

Ça parait évident bien sûr et pourtant ce sont deux aspects pas si faciles. Pour les aborder, je demande très souvent l’aide de Jean Jacques.

J’ai rencontré Jean-Jacques il y a près de huit ans. Je donnais un cours à des ados, ou des préados. Nous travaillions sur un texte, ils étaient sur scène et leur petite voix embrouillée n’arrivait quasiment pas à atteindre mes oreilles. De plus, ils regardaient le sol comme si les mots pouvaient y être inscrits. Lire la suite

« Ô Pulchérie » : un conte moderne fantaisiste à croquer !

MES P'TITS LUS

Imaginez un couple adopté par tout un petit village parce que la dextérité culinaire de Monsieur ressuscite la vie de Saint Eloi et la descendance de Madame régénère la population vieillissante du bourg : c’est ce qu’imagine avec une fantaisie délicieuse Nathalie Sauvagnac dans son roman Ô Pulchérie.

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Norbert et Sylviane arrivent à Saint Eloi – un village que l’on devine aisément du Nord – parce que la grand-mère de Sylviane, « la Morte », vient de passer de vie à trépas. Au cours d’une pause entre deux condoléances, Norbert se met à préparer un petit en-cas : les effluves qui s’en échappent ravissent d’extase les habitants du village. C’est décidé : le couple ne doit plus repartir !

Pour cimenter leur installation, la très languide et cornélienne Sylviane conçoit coup sur coup quatre enfants, dont l’éducation va revenir à la population de Saint Eloi : voyez là une offrande humaine…

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Je venais d’avoir 18 ans

Dans les cours de théâtre, il y a les souvenirs des cours. Des cours où j’étais élève ;  certains m’ont marquée irrémédiablement. Certains en bien, heureusement, d’autres en mal, très mal. Très douloureusement mal …

J’avais juste 18 ans. Tout juste, je m’en souviens. Comme beaucoup de grands naïfs, j’étais persuadée qu’en allant dépenser des fortunes dans des cours de théâtre parisiens qui affichaient le nom de metteur en scène morts depuis longtemps, je deviendrais célèbre. Mon talent ne pouvait qu’exploser dans ces cours renommés… Je venais d’avoir 18 ans Lire la suite

Pulchérie est née dans un pommier

Dans la suite de mes merveilleuses aventures  dans le grand monde de l’écriture, mon roman : Ô Pulchérie ! (éditions Denoël) est visible dans les rayons des librairies, chez Gibert, à la Fnac aussi depuis le 1er février.

Je vous dis ça comme si c’était très banal mais en fait… pas du tout. Mais pas du tout du tout.

Dans la librairie « Le Jardin de Thierry »

 

Quand j’ai vu pour la première fois mon roman dans les rayons, j’ai fait : « Hiiiiiii !  » et aussi : « Ohhhhh ! », j’ai fait des petits sauts sur place, j’ai pris mille photos vues du haut, du bas, de loin, de près. Lire la suite

Le théâtre : le meilleur des vaccins !

@MathildeBryant

 Pour être en bonne santé, j’utilise le jeu théâtral. Je ne parle que pour moi évidemment puisque d’autres sont morts sur scène… Personnellement, en tout cas pour l’instant, mieux que les cinq fruits et légumes, une cure de jeu ; y a rien de mieux.

Je viens de jouer pendant toutes les vacances de Noël sur scène. Justement pendant cette période faste aux virus, grippes et autres joyeusetés… mon corps s’est en quelque sorte, imperméabilisé…

Je ne saurai comment expliquer cet état dans lequel se met le corps… Lire la suite

AURORE – SPECTACLE DE NATH

Dans le Petit Théâtre il y a les grands moments pour moi.

En ce moment j’en vis un ÉNORME ! Je suis sur scène du 22 décembre 2017 au 5 janvier 2018.

Le spectacle s’appelle Aurore. Je l’ai écrit, co-mis en scène, je joue dedans. Depuis qu’on a commencé, le public n’arrête pas de grossir (le bouche à oreille sans doute).

Je vous délivre une photo de la pièce, même si on ne voulait pas trop le faire pour ne pas spolier, mais ce serait dommage. J’en mettrai plein d’autres bientôt.

Si vous êtes dans la régions d’Orsay (dans l’Essonne-91) pendant ces dates, venez voir à quoi ressemble mon petit Théâtre.

« Si vous tombiez en panne dans la forêt en pleine nuit, que feriez-vous ? Sans téléphone, ni batterie et des personnages étranges qui vous invitent à les suivre ? Si, en demandant qui ils sont, ils vous répondent : « Personne » ?

Aurore, héroïne malgré elle, va vous entraîner de l’autre côté, à la rencontre de personnages inquiétants et en même temps si humains…».
Glaçant et tellement poétique ! Entre la famille Adams, les films de Tim Burton et Vendredi 13, Aurore est aussi un très beau message d’amour.

Alors ? Ça vous tente?

On est accompagnés par une bande son de dingue, Le Conservatoire du Maquillage de Paris a fait tous nos maquillages et coiffures. C’est une belle pièce, étonnante, effrayante et très poétique. L’équipe des comédiens qui m’entoure est incroyable.

Voilà, je ne trouve pas les mots, mais voilà la raison de mon silence ces derniers temps. C’est un beau silence qui ouvre sur les trois coups avant que le rideau ne s’ouvre.

Bizavous

Nath

C’est pas juste !

Dans les cours de théâtre pour ados, il y a les cours, les ados et la vie des ados. La vie des ados est concentrée principalement par les cours du lycée. Leur vie tourne autour des études, des amis, des amours, des parents.

Dans mes cours de théâtre il y a les ados qui reviennent d’une année sur l’autre. Qui partagent un petit bout de route avec moi. Qui grandissent, s’affinent, osent de plus en plus et ouvrent leurs grandes ailes de papillons ou leurs pinces de homards au choix. Je les vois titubants, fragiles et solides à la fois qui s’exercent à s’autoriser d’être des personnes biens.

Mais quelques fois, dans les cours de théâtre pour ados, il y a ce grand épouvantail de la réussite scolaire qui empêche, qui arrête tout autre chose, comme une grande jalouse qui déploie ses griffes. Cette mangeuse de temps et d’ espoir ne supporte pas de rivale. Elle veut l’exclusivité. Son regard glacial et ses ailes immenses recouvrent tout espoir d’une lucarne sur la vie autrement.

Parce qu’il faut réussir, parce qu’il faut se hisser au moins à la moyenne, parce que sinon après on n’aura pas son bac, pas d’études supérieures, pas de métier, pas d’argent, de maison, d’avenir, etc…. La réussite scolaire est le tyran des ados, le père fouettard, le monstre du placard.

Parfois, quelques fois, trop souvent, un de mes élèves, un de ceux-là que j’aime particulièrement parce qu’il a relevé les yeux, lui ou elle qui avait si peur de le faire, parce qu’il ou elle a parlé plus fort et tiré ses épaules en arrière pour défendre un personnage sur scène. Et bien ces élèves-là, qui sont malheureux de l’école parce qu’ils ne sont pas formatés pour être dans la masse, ce sont eux qui me disent qu’ils arrêtent le théâtre. Parce que : « Tu comprends, Nat, je n’y arrive plus au bahut, ma moyenne chute, je n’arrive pas à m’organiser, je suis un peu perdu, il faut…je suis tellement désolé(e) mais… je ne peux pas continuer le théâtre… ».

Moi aussi à ces petits princes perdus, à ces albatros aux trop grandes ailes,  je dis que je suis désolée, parce que ce n’est pas juste, parce qu’ils étaient heureux ici et que la grande jalouse fait encore des ravages sur les plus fragiles. Je suis désolée que tu te débattes avec tes mauvaises notes à l’oral au lycée, alors que sur scène ta voix s’envole jusqu’au dernier rang. Je suis désolée que tu n’arrives pas à retenir les dates de la bataille de Marignan quand tu as appris tant et tant de textes que tu disais en rigolant, que tu disais en pleurant, en lançant aux projecteurs que tu étais invincible. Je suis désolée parce que quand tous ces yeux dans le noir, qui t’avais regardé jouer, t’applaudissaient à tout rompre à la fin de la représentation, et bien tu  souriais. Et le sourire que tu avais là, oui, c’était le plus beau sourire du monde. Un de ces sourires qui portent le menton haut et qui disent : « Me voilà la vie, maintenant je n’ai plus peur de rien »….

Je suis désolée. Tellement désolée…

Nath

Au cœur de la création

Dans ma compagnie de théâtre, il y a les ateliers (qui démarrent et dont je parlerai très vite) et il y a les créations.

Cette année, comme tous les deux ans, nous présenterons notre nouvelle pièce :« Aurore ». Je l’ai écrite  entre janvier et juin, et nous avons commencé à la répéter depuis septembre. Nous la jouerons à partir du 22 décembre jusqu’au 5 janvier.

C’est un condensé de travail, une disponibilité intense.

Un condensé ça veut dire qu’on répète trois fois par semaine deux heures chaque fois, qu’on fait un stage d’une semaine (qui vient de s’achever) où on se voit tous les jours et qu’en décembre on joue 11 fois de suite.

Ces moments intenses sont assez jubilatoires. Lire la suite