Ça cogite pendant les vacances

Dans les ateliers théâtre, il y a les vacances.

Les premières vacances sont celles de la Toussaint. Les cours viennent juste de commencer (en septembre généralement) et on n’a pas encore bien pris le temps de connaître tous les élèves.

Pendant les vacances de la Toussaint, j’affiche devant moi, sur mon mur couvert de photos des pièces du Petit Théâtre, des panneaux avec des photos de tous mes nouveaux élèves. Lire la suite

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Et chaque année ça recommence

Dans les ateliers théâtre comme dans la vie,  chaque année est magique parce qu’elle se recommence ! Comme la nature qui m’étonne toujours autant. Un petit exemple : j’ai dû couper (et ça m’a déchiré le cœur), un arbre dangereux devant ma maison. Mon cœur s’est fendu, je m’en suis tellement voulu. Il a été coupé. Et bien, sans mentir, deux mois après, sur le tronc étêté repousse, encore plus dense, deux arbres nouveaux pleins de sève et d’allant.

Chaque année dans mes ateliers théâtre, je me dis que ça ne pourra jamais être mieux, qu’on s’est aimés tellement pour monter notre spectacle, qu’une telle connivence ne peut plus avoir lieu.

Vraiment, je le pense… vraiment. Il me faut toujours un temps, un petit temps de deuil, où je me dis : « Bon, ben, là, Nath, tu as mangé ton pain blanc (comme on disait avant), maintenant tu vas devoir faire régime ».

Chaque année, au moment des inscriptions, je me dis : c’est la dernière année, personne ne reviendra, et s’ils reviennent, ils seront déçus que ce ne soit pas comme l’année d’avant.

Et cette année encore, la vie me prouve qu’elle est trésor : des élèves nouveaux, et ceux d’avant aussi, disent oui pour qu’on recommence une expérience ensemble.

Cette année encore je les découvre, souriants et timides, partager avec moi, encore une fois, un début, une première fois…

Bizavous

Nath

PHILIPPE

 

Le voilà ! Il est prêt, tout nouveau et intimidé : mon second roman Philippe, en vente à partir d’aujourd’hui (voir les détails en bas de page)

L’histoire de Philippe a démarré quand j’avais 25 ans, le roman s’appelait alors: « Est-il possible qu’elle... », au fil du temps, il s’est transformé en : « Je tue il« , puis :« Je tue ils« . Ces derniers temps, au moment de tout finaliser, j’ai hésité : pourquoi pas :« Si tu regardes bien, tu verras du rien », ou:« Si tu regardes bien »… ou encore : « Si tu regardes », à moins que :« Si tu… », ou alors: »Si… », « S.. » pourrait être intéressant aussi….; et puis il y a eu un moment où j’ai entendu mon cerveau qui faisait « pssschittt », le même bruit qui sort de la valve d’une cocotte minute sous pression… Vous voyez ? Il s’est vidé d’un coup.

Pendant tout ce temps,  Philippe était là, en face de moi, avec son air de gamin qui s’en fout. Au moment du « pssschitt » , il a levé le menton et il a lancé :

– Ton histoire, elle parle de moi, non ?

– Ouais, et alors ? (je suis un peu désagréable avec mes personnages quand ils veulent s’imposer).

-Pourquoi tu l’appelles pas Philippe, ton bouquin, comme moi ?

– Mais c’est pas un titre « Philippe ». Et puis Philippe, c’est naze comme prénom ! Pour le lecteur potentiel, il faut du mystère, susciter l’intérêt, de la curiosité, avoir un titre accrocheur ;  Philippe, sans vouloir te vexer, ça fait pas rêver grand-monde.

Il a hoché la tête, a été s’asseoir de dos, un peu plus loin, s’est allumé une clope, la fumée a dessiné des volutes dans le ciel. Je l’ai regardé en train de s’en foutre du titre que j’allais donner à mon roman qui raconte son histoire. Je l’ai regardé en train de fumer sa clope. Alors, je suis venue m’asseoir à côté de lui et on a regardé le ciel ensemble…. Philippe. Ouais, t’as raison… Philippe.

Il y a bien eu Pulchérie

Oui, il parle de Philippe, ce roman, il est dur, cruel parfois, violent, tendre, provocateur, dérangeant aussi sans doute. Mon roman s’est envolé, après Pulchérie, voilà que je lâche Philippe dans la nature. C’est très impressionnant la « sortie » d’un livre. Je me planque dans un coin, les bras repliés autour de ma tête, pour parer les coups. Je le lance dans la foule et je me bouche les oreilles en attendant qu’il explose… ou pas… Je le porte en moi ce roman depuis si longtemps, il m’a brusquée, forcée, il m’a autorisée. J’ai très peur pour lui. J’espère qu’il vous plaira comme il m’a plu de raconter son histoire. Vous pouvez en lire le résumé sur la quatrième de couverture que je vous joins :

*Disponible : en numérique et broché sur Amazon, Fnac (je vous recommande plutôt la Fnac c’est le plus rapide et le moins cher : 3,99 euros en numérique et 12,90 euros en format broché), Librinova, et en commande dans toutes les librairies. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire sur le site où vous l’achetez 🙂

Bizavous

Nath

 

 

 

 

 

 

 

Pulchérie vit sa vie

Mon premier roman continue sa vie dans les librairies, les médiathèques, les salons du livre, dans de nouvelles maisons d’édition. Il a eu une vie multiple puisqu’il a connu des titres et couvertures différents:

Il a démarré en étant « Stripteases » quand il a été publié en juin 2017chez Librinova :

 

 

 

Puis il a été rebaptisé : Ô Pulchérie! en étant publié en février 2018 chez Denoël :

Et maintenant depuis le 15 septembre 2018, le voilà aussi aux éditions Voir de Près avec une nouvelle jolie couverture :

Laquelle préférez-vous ?

Bizavous

 

Nath

La Fenice

Une jolie dédicace de mon amie Nat ! Merci et plein de bisous

Italie Passion

La Fenice, un incontournable de Venise

Je vous conseille vivement d’aller visiter le théâtre de la Fenice si vous allez à Venise.  C’est suite à l’incendie du théâtre San Benedetto qu’il a été demandé à l’architecte Gian Antonio Selva de dessiner un nouveau théâtre. Construit au XVIIIe siècle dans un style néo-classique, le théâtre de la Fenice est composé d’une magnifique salle rouge et or, avec 5 étages de loges superposées.

Le phoenix, l’oiseau qui renaît de ses cendres

Par deux fois (en 1836 et en 1996), le théâtre de la Fenice a été détruit par des incendies. A chaque fois, il s’est vu renaître de ses cendres et a été reconstruit à l’identique.

Voici un lien si vous souhaitez consulter mon article sur le théâtre à l’italienne.

Je dédie celui-ci à  Nath et sa compagnie Coups de Théâtre d’Orsay  qui jouent les…

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La fraicheur des ados

C’est dingue comme dans les cours de théâtre, j’apprends sans doute plus des ados qu’ils n’apprennent de moi.

Moi je leur apprend à monter un spectacle, à le mettre en scène, à jouer ensemble : eux ils m’apprennent les fondements de l’humanité.

Lors d’un stage que j’ai organisé il y a quelques jours pour travailler de façon approfondie sur notre spectacle à venir, j’ai pris le temps de le leur dire.

On ne dit pas assez aux gens qu’on les aime. On oublie ou on remet ça à plus tard…

Je leur ai dit qu’ils avaient une force incroyable, celle de l’enthousiasme. La non remise en question systématique de tout. Je leur ai dit que leur fraîcheur, leur adhésion systématique à tout ce que je leur propose, leur non remise en question quand je leur dis : « Euh… bon, ben, tout ce qu’on a vu la semaine dernière, on va le mettre de côté et on recommence autrement, pour voir  » était d’une incroyable générosité.

Quand je leur dis : « On change tout ! », ils remontent la lèvre inférieure, plissent les yeux de plaisir et hochent la tête et hop là ! Ils sont prêts.

C’est dingue. c’est magique. Toujours partants pour essayer. Je leur ai dit que quand on grandit (vieillit), souvent on a plus peur de changer, souvent on pense trop à l’avenir et on se freine en imaginant les conséquences de chacun de nos actes, on a un peu peur du changement, on préfère parfois ne pas bouger plutôt que de risquer de trébucher. On s’installe dans le confortable.

Je leur ai dit que leur façon de profiter de l’instant présent était un bain de jouvence. Que nous autres, adultes, avons beaucoup de leçons à tirer de ça. Que les politiques devraient avoir des conseillers adolescents parfois pour gouverner, que ça remettrait les choses en place. Que ça ouvrirait des possibles, des impossibles faisables.

Je les remercie de me laisser repartir de mes cours avec moins de poids sur les épaules. Quand j’y vais, je suis légère, je me surprend à sourire dans le vide, mon cœur est tout libre dans ma poitrine.

Ils sont dingues les ados. Ils ne sont pas évidemment que des anges, mais je ne pourrais pas expliquer pourquoi, rien n’est grave quand on fait ensemble du théâtre. Tout est enthousiasmant. Ils sont fragiles et forts à la fois. Ils me font confiance et je leur fais confiance.

Bon… Tout ça pour vous dire qu’on est dans la dernière ligne droite pour le spectacle qui démarre le 1er juin : Une soirée de plus sur terre

Le thème de la pièce que j’ai choisie est : »savoir dire non ». A travers l’histoire d’un jeune garçon qui dit oui à tout pour se faire accepter par un groupe, j’ai voulu qu’ils traitent de l’importance de refuser. Dire non permet justement de relever la tête, d’être respecté un peu plus.  Être trop gentil n’est pas forcément la solution, les méchants ne sont pas que méchants et les gentils peuvent aussi être de petits cons…

Alors vous allez me dire que c’est en contradiction avec ce que je mentionnais au début de cet article : c’est à dire la richesse que les ados ont de dire toujours oui. La pièce parle des oui nocifs, des oui obligés, des oui pour plaire aux autres. De ces oui qui devraient être des non si on osait parler un peu plus fort… Alors oui bien sûr, mais pas à tout !

C’est dingue ce que j’apprends avec les ados…

Bizavous

Nath

 

Jean Jacques

Dans les cours de théâtre il y a deux aspects à travailler un peu rébarbatifs : la voix et le regard.

Ça parait évident bien sûr et pourtant ce sont deux aspects pas si faciles. Pour les aborder, je demande très souvent l’aide de Jean Jacques.

J’ai rencontré Jean-Jacques il y a près de huit ans. Je donnais un cours à des ados, ou des préados. Nous travaillions sur un texte, ils étaient sur scène et leur petite voix embrouillée n’arrivait quasiment pas à atteindre mes oreilles. De plus, ils regardaient le sol comme si les mots pouvaient y être inscrits. Lire la suite

« Ô Pulchérie » : un conte moderne fantaisiste à croquer !

Mes p'tits lus - Blog littéraire

Imaginez un couple adopté par tout un petit village parce que la dextérité culinaire de Monsieur ressuscite la vie de Saint Eloi et la descendance de Madame régénère la population vieillissante du bourg : c’est ce qu’imagine avec une fantaisie délicieuse Nathalie Sauvagnac dans son roman Ô Pulchérie.

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Norbert et Sylviane arrivent à Saint Eloi – un village que l’on devine aisément du Nord – parce que la grand-mère de Sylviane, « la Morte », vient de passer de vie à trépas. Au cours d’une pause entre deux condoléances, Norbert se met à préparer un petit en-cas : les effluves qui s’en échappent ravissent d’extase les habitants du village. C’est décidé : le couple ne doit plus repartir !

Pour cimenter leur installation, la très languide et cornélienne Sylviane conçoit coup sur coup quatre enfants, dont l’éducation va revenir à la population de Saint Eloi : voyez là une offrande humaine…

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Je venais d’avoir 18 ans

Dans les cours de théâtre, il y a les souvenirs des cours. Des cours où j’étais élève ;  certains m’ont marquée irrémédiablement. Certains en bien, heureusement, d’autres en mal, très mal. Très douloureusement mal …

J’avais juste 18 ans. Tout juste, je m’en souviens. Comme beaucoup de grands naïfs, j’étais persuadée qu’en allant dépenser des fortunes dans des cours de théâtre parisiens qui affichaient le nom de metteur en scène morts depuis longtemps, je deviendrais célèbre. Mon talent ne pouvait qu’exploser dans ces cours renommés… Je venais d’avoir 18 ans Lire la suite